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Une escroquerie aux cryptomonnaies attire les navires dans le détroit d'Ormuz en leur promettant un passage sécurisé,
Des navires auraient essuyé des tirs iraniens après être tombés dans le piège

Le , par Mathis Lucas

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Une escroquerie aux cryptomonnaies attire les navires dans le détroit d'Ormuz en leur promettant un passage sécurisé
des navires auraient essuyé des tirs iraniens après être tombés dans le piège

Des escrocs à la cryptomonnaie profitent de l'instabilité militaire dans le détroit d'Ormuz pour piéger des navires de commerce. Ils se font passer pour les autorités iraniennes et exigent des frais de passage frauduleux en bitcoin ou en tether auprès de pétroliers bloqués. Au moins un navire a été la cible de tirs après avoir suivi ces instructions erronées, ce qui illustre le danger extrême de ces cyberattaques en zone de conflit. Cette situation aggrave une crise énergétique mondiale déjà tendue par les affrontements entre l'Iran, les États-Unis et Israël. De son côté, l'Iran menace également les infrastructures technologies des Big Tech américains dans le Golfe.

Le conflit armé au Moyen-Orient a entraîné la fermeture du détroit d'Ormuz, provoquant une crise énergétique mondiale et laissant des milliers de navires de commerce bloqués dans la région. Profitant de cette situation désespérée, des escrocs ont mis en place ciblant les transporteurs maritimes. Ils promettent aux navires un passage sécurisé à travers le détroit , une zone devenue extrêmement dangereuse en raison des hostilités militaires.

Selon un rapport de Reuters, la première alerte concernant une telle arnaque aux cryptomonnaies a été lancée le 20 avril par la société grecque de gestion des risques maritimes MARISKS. Elle a alerté les armateurs que des escrocs se faisant passer pour des autorités iraniennes avaient envoyé des messages aux compagnies maritimes leur demandant de payer des « frais de transit » en bitcoins ou en tether. Ces messages paraissent crédibles.

Cela risque d’être particulièrement déroutant pour les compagnies maritimes. L'Iran a effectivement pris le contrôle du détroit et a commencé à exiger des paiements en cryptomonnaies, comme le bitcoin ou le tether, pour autoriser les pétroliers à traverser leurs eaux territoriales sous inspection. Des cybercriminels se font donc passer pour les autorités iraniennes, avec leurs messages officieux visant à réclamer des "frais de transit" frauduleux.

Des navires de commerce pris au piège sous les tirs ennemis

Les conséquences de ces arnaques dépassent le simple préjudice financier et mettent directement en péril la vie des marins. Plusieurs navires auraient été victimes de ces manœuvres, pensant avoir acheté un droit de passage légitime. MARISKS a recensé un navire touché après sa tentative de transit dans le détroit le 18 avril. L'incident se serait produit pendant une brève période où l'Iran affirmait autoriser les navires à passer après inspection.


Toutefois, le navire en question a fait demi-tour après que les forces militaires iraniennes ont ouvert le feu sur lui. Environ 2 000 navires et 20 000 marins sont toujours bloqués près du détroit. Il n'est peut-être pas le seul à être tombé dans le piège de l'arnaque aux cryptomonnaies dans sa quête d'un droit de passage.

Le 22 avril, le cargo Epaminondas, battant pavillon libérien, appartenant à la société grecque Technomar Shipping et exploité par la compagnie maritime internationale MSC, a essuyé des tirs après avoir, selon certaines informations, reçu l'autorisation de traverser le détroit. Les autorités vérifient actuellement si le message prétendant accorder ce droit de passage « aurait pu être frauduleux ». La situation actuelle dans le détroit est sinistre.

Le chaos qui règne dans le détroit est alimenté par des opérations militaires intensives débutées en février, incluant des frappes américaines et israéliennes contre les infrastructures iraniennes. En représailles, l'Iran multiplie les attaques de drones et de missiles contre les navires commerciaux et les installations énergétiques des pays du Golfe. Cette situation est encore compliquée par un blocus naval instauré par les États-Unis depuis la mi-avril.

L'Iran menace les intérêts des Big Tech américains dans le Golfe

Cette désorganisation totale dans le détroit et l'absence de communication fiable permettent aux escrocs de piéger les quelque deux mille navires et vingt mille marins toujours bloqués dans la zone. Au-delà de ça, l'Iran a menacé de frapper physiquement les locaux et les centres de données de 18 géants technologiques américains, dont Apple, Google, Microsoft et Meta, les accusant de soutenir les opérations de renseignement américano-israéliennes.

Dès le début du conflit, des drones kamikazes des gardiens de la révolution ont frappé des centres de données d'Amazon Web Services (AWS) aux Émirats arabes unis, perturbant ses services cloud dans l'ensemble de la région, avant qu'une installation du géant américain au Bahreïn ne soit à son tour visée.

Dans l'espace cybernétique, des acteurs étatiques iraniens et des collectifs hacktivistes pro-iraniens ont menacé de mener des cyberattaques de représailles contre les infrastructures critiques américaines, notamment des attaques par déni de service, des effacements de données et des opérations d'information. Selon les rapports, en interne, le régime iranien a instauré le plus long black-out Internet de l'histoire afin de réprimer les manifestations.

Parallèlement, l'armée américaine s'appuie sur des systèmes d'IA avancés comme « Maven Smart System » pour identifier et détruire des cibles à un rythme industriel, bien que l'efficacité de ces algorithmes soit critiquée suite à des erreurs tragiques comme le bombardement d'une école à Minab.

Les cryptomonnaies peinent à tenir leurs promesses initiales

La première idée reçue lorsqu’on aborde l’univers des cryptomonnaies est celle de l’ouverture sur un système financier prétendument décentralisé. En d’autres termes, la possibilité de s’affranchir des banques. En pratique, une part significative des infrastructures, des flux de liquidité et du pouvoir de décision reste concentrée entre quelques acteurs dominants, qu’il s’agisse de plateformes d’échange, de développeurs ou d’intermédiaires techniques.

Cette concentration limite la portée réelle de la décentralisation souvent mise en avant dans le discours promotionnel. Elle expose également l’écosystème à des risques systémiques comparables à ceux de la finance traditionnelle, tout en réduisant la résilience et la transparence supposées du modèle.

En dépit des illusions et des discours des promoteurs, plusieurs intervenants sur ce marché finissent par se rendre compte que cette sphère ressemble plus à un casino en ligne où prévalent spéculation et compétition, entraînant la perte d’argent des participants plutôt qu’une amélioration du système financier. C’est ce que rapporte Ken Chang de son vécu en tant qu’intervenant de la filière dans laquelle il déclare sans détour avoir perdu 8 ans.

Son analyse montre que les cryptomonnaies peinent à tenir leurs promesses initiales parmi lesquelles on retrouve leur utilisation en tant que monnaie numérique décentralisée mondiale, leur stabilité en tant que réserve de valeur et leur capacité à fonctionner sans nécessiter de réglementation importante.

Selon le rapport de Ken Chang, ingénieur logiciel, la lenteur des transactions et leur coût comptent parmi les facteurs qui rendent les cryptomonnaies peu pratiques pour les petites transactions quotidiennes, surtout comparé aux systèmes de paiement traditionnels comme Visa. La forte volatilité des prix vient s’ajouter au facteur précédent pour disqualifier les cryptomonnaies comme moyen d’échange généralisé et comme réserve de valeur fiable.

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